Entrepreneurs : attention aux arnaques aux sites internet
Ce que des dizaines d’entrepreneurs alsaciens partagent sur leurs pires expériences de création de site, et comment les éviter.
Par Stéphane – SiteParSteph, freelance WordPress en Alsace
Jeudi soir, à l’Apéro Entrepreneurs organisé par entrepreneurs.alsace à la Manufaktur, à Strasbourg. Autour d’un verre, la conversation glisse vite vers les sites internet, et en quelques minutes, trois entrepreneurs différents me racontent, presque dans les mêmes mots, s’être fait piéger par leur premier prestataire. L’un d’eux résume avec un sourire amer : « Je suis vacciné, maintenant. »
En tant que freelance WordPress en Alsace, entre Strasbourg, Haguenau et le Kochersberg, ce genre de récit, je l’entends régulièrement : les arnaques aux sites internet ne sont malheureusement pas rares. Mais les voir s’enchaîner en une seule soirée, avec à chaque fois des variantes du même scénario, m’a convaincu qu’il fallait les rassembler dans un seul article.
Ce guide recense les arnaques les plus fréquentes rencontrées par les entrepreneurs lors de la création de leur site internet, celles qui reviennent, encore et encore, dans les témoignages du terrain. Vous allez comprendre comment elles fonctionnent, comment les repérer avant de signer, et que faire si vous êtes déjà tombé dedans.
Certaines sont grossières, d’autres beaucoup plus subtiles. Commençons par celles qui frappent avant même la signature du devis.

Les arnaques du premier contact
Le démarchage agressif à la fausse urgence
Un appel, un email, parfois un SMS : « Votre référencement va expirer », « Votre fiche Google va être suspendue », « Vous allez être blacklisté ». Le message est toujours construit sur la même mécanique : créer une panique immédiate pour pousser à une décision rapide, sans réflexion ni comparaison.
Dans la quasi-totalité des cas, ces messages n’ont aucun rapport avec une action officielle de Google ou d’un quelconque organisme. C’est un script commercial rodé, envoyé en masse à des milliers d’entreprises, en espérant qu’une fraction morde à l’hameçon avant de raccrocher et de vérifier.
Le réflexe à avoir : aucune entreprise sérieuse ne vous met en danger en 24h. Raccrochez, prenez le temps de vérifier par vous-même sur votre compte Google Business Profile ou auprès de votre prestataire actuel, et ne signez jamais rien sous pression au téléphone.
Le faux partenariat Google
Variante plus insidieuse : un commercial se présente comme « partenaire Google » et propose de vous inscrire, moyennant paiement, sur un « registre professionnel » ou de « valider » votre fiche Google Business Profile. Or la création et la gestion d’une fiche Google Business Profile sont entièrement gratuites, directement depuis votre compte Google. Aucun intermédiaire n’est nécessaire, et Google ne délègue ce service à aucune société tierce facturante.
Le même mécanisme existe avec de faux annuaires professionnels : inscription « offerte » la première année, puis facturation automatique et difficile à résilier les années suivantes, souvent sur la base d’un bon de commande signé sans en avoir lu les petites lignes.
Les arnaques du devis et du contrat
Le forfait « tout compris » sans détail
Un devis d’une seule ligne (« Création de site internet : 2 500 € »), sans détail des prestations, du nombre de pages, des fonctionnalités incluses ni des délais. Ce flou n’est jamais un hasard : il permet au prestataire de livrer le strict minimum tout en se réservant la possibilité de facturer en supplément la moindre demande jugée « hors forfait ».
Un devis sérieux détaille toujours : nombre de pages, fonctionnalités, nombre d’allers-retours de correction inclus, délai de livraison, et ce qui est explicitement exclu. Pour structurer vos attentes avant même de demander un devis, mon modèle de cahier des charges vous évite ce piège dès le départ.
L’abonnement « site gratuit » à engagement caché
« Votre site est gratuit, vous ne payez qu’un abonnement mensuel. » Sur le papier, l’offre semble généreuse. En réalité, il s’agit souvent d’un contrat de location déguisé, engagé sur 24 à 36 mois, non résiliable avant terme, et dont le total sur la durée dépasse largement le prix d’un site payé une fois et possédé pour de bon. Certains entrepreneurs découvrent la clause d’engagement seulement au moment où ils veulent partir, et se retrouvent à payer un abonnement pour un site qu’ils n’utilisent plus.
L’arnaque la plus citée : quand le prestataire reste propriétaire de votre site
C’est, de loin, l’arnaque qui revenait le plus souvent dans les témoignages de jeudi soir, et la plus grave, car elle ne se révèle généralement que le jour où la relation avec le prestataire se dégrade.
Le nom de domaine enregistré au nom du prestataire
Beaucoup d’entrepreneurs ne savent même pas répondre à cette question simple : qui possède votre nom de domaine ? Si c’est votre prestataire qui l’a acheté et enregistré en son nom lors de la création du site, vous n’en êtes pas propriétaire : vous en êtes locataire, à sa merci. En cas de conflit, de faillite du prestataire, ou simplement de silence radio, votre nom de domaine peut disparaître avec lui, et votre adresse email professionnelle avec.
Le réflexe à avoir : vérifiez dès maintenant qui est titulaire de votre nom de domaine via un whois (pour les .fr). Si ce n’est pas vous, exigez le transfert immédiatement.
Le code et le contenu qui ne vous appartiennent jamais
Deuxième variante, plus discrète encore : une clause du contrat (ou l’absence totale de clause) prévoit que le site reste la propriété du prestataire, même après paiement intégral. Vous avez payé, mais vous n’avez ni les identifiants d’hébergement, ni les fichiers sources, ni le droit de faire reprendre le site par quelqu’un d’autre. Si vous partez, vous repartez les mains vides, et devez recommencer un site de zéro.
Pour approfondir vos droits sur la propriété de votre site, consultez mon article dédié →

Les arnaques de la livraison et du référencement
La « 1ère page Google garantie »
Aucun prestataire sérieux ne peut garantir une position sur Google, pas même Google lui-même, qui rappelle régulièrement que le classement dépend de centaines de critères, y compris ceux de la concurrence, hors du contrôle de qui que ce soit. Une « garantie » de première page est donc, par construction, une promesse impossible à tenir honnêtement.
Pire : pour tenter de la tenir malgré tout, certains prestataires recourent à des techniques agressives (fermes de liens, contenu dupliqué, bourrage de mots-clés) qui peuvent, à terme, faire l’objet d’une pénalité manuelle de Google, et détruire la visibilité du site plutôt que la construire. Pour comprendre ce qui relève réellement d’une stratégie de référencement sérieuse, consultez mon guide du SEO expliqué simplement.
La sous-traitance masquée à bas coût
Le commercial est basé en France, rassurant, réactif au téléphone. Mais la réalisation technique est sous-traitée, sans que vous le sachiez, à une équipe à l’autre bout du monde, payée au forfait le plus bas possible, sans aucun contrôle qualité ni connaissance de votre marché local. Le résultat : un site générique, des délais de communication à rallonge, et un interlocuteur commercial qui ne peut ni expliquer ni corriger ce que fait réellement l’équipe technique.
Les arnaques d’après-livraison
La maintenance fantôme
Un forfait maintenance est vendu et facturé chaque mois, mais aucune mise à jour n’est réellement effectuée. Le site tourne sur des versions de plugins obsolètes, parfois vulnérables, pendant que la facture continue de tomber. C’est une arnaque difficile à détecter sans vérification technique, puisque tant qu’aucun problème visible ne survient, le client n’a aucune raison de douter. Mon article sur ce que doit réellement comprendre une offre de maintenance liste les tâches concrètes à exiger, et donc à vérifier.
Le prestataire qui disparaît (et la facture de renouvellement piégée)
Deux scénarios reviennent souvent. Le premier : un acompte est versé, souvent 30 à 50 % du montant total, et le prestataire devient injoignable avant toute livraison : un profil trouvé sur un groupe Facebook ou une petite annonce, sans structure identifiable, sans SIRET vérifiable. Le second, plus sournois : un ou deux ans après la création du site, une facture de « renouvellement annuel » arrive, avec un montant d’hébergement ou de nom de domaine largement gonflé par rapport aux tarifs du marché, sans que le client ait de point de comparaison pour s’en rendre compte.
Comment se protéger des arnaques aux sites internet avant de signer
Face à chacune de ces situations, quelques réflexes simples suffisent à écarter la grande majorité des arnaques :
- Vérifiez le SIRET de l’entreprise sur societe.com ou l’Annuaire des Entreprises
- Exigez un devis détaillé, jamais une ligne unique « tout compris »
- Demandez qui sera titulaire du nom de domaine et de l’hébergement dès la signature
- Lisez la clause de propriété du contrat (code, design, contenu), ou son absence, qui doit alerter
- Méfiez-vous de toute urgence créée artificiellement par téléphone ou email
- Fuyez toute garantie de résultat SEO chiffrée et absolue
- Demandez un portfolio vérifiable, avec de vrais clients contactables
Pour aller plus loin, j’ai réuni ces réflexes dans une checklist complète à garder sous la main avant de signer votre prochain devis.
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Déjà victime d’arnaques aux sites internet ? Voici comment réagir
Si vous reconnaissez votre situation dans l’un des scénarios ci-dessus, tout n’est pas perdu.
Vérifiez d’abord vos droits de rétractation. Si le contrat a été signé à distance ou lors d’un démarchage (salon, appel non sollicité), un délai légal de rétractation de 14 jours s’applique dans la plupart des cas ; encore faut-il agir vite.
Signalez la pratique. La plateforme SignalConso transmet votre signalement directement à l’entreprise concernée et à la DGCCRF, qui l’utilise pour cibler ses contrôles. La page de la DGCCRF dédiée aux entrepreneurs détaille par ailleurs les recours possibles selon le type d’arnaque.
Faites auditer votre situation. Avant d’envisager une action juridique, un audit technique et contractuel permet souvent de clarifier ce qui est réellement récupérable : votre contenu, vos données, parfois même le nom de domaine si le rapport de force le permet.
Consultez un avocat si le montant le justifie. Pour un contrat clairement abusif (clause de propriété léonine, engagement dissimulé), une mise en demeure rédigée par un avocat suffit souvent à débloquer la situation sans aller jusqu’au tribunal.
Foire aux questions
Certains se sont sûrement déjà posés vos questions
La meilleure protection contre les arnaques aux sites internet, c’est un bon prestataire dès le départ
Être « vacciné » contre les arnaques, comme le disait cet entrepreneur jeudi soir à la Manufaktur, c’est utile, mais ça ne remplace pas un prestataire de confiance, transparent sur son devis, sa propriété et ses délais. La méfiance protège après coup ; le bon choix évite le problème avant qu’il n’existe.
Chez SiteParSteph, chaque devis est détaillé, votre nom de domaine et votre hébergement restent à votre nom, et le code de votre site vous appartient intégralement. Aucune surprise, aucune clause cachée.
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Pourquoi les sites « pas chers » échouent (et vous coûtent plus cher) →
Stéphane – SiteParSteph
Freelance WordPress en Alsace
Création, refonte et maintenance de sites professionnels
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Allez plus loin !
Vous venez de découvrir les pièges les plus fréquents à éviter avant de signer un devis. Gardez la checklist complète sous la main au moment de comparer vos prestataires.
Je vous offre la checklist complète en PDF téléchargeable
Ce dernier contient :
- Les 10 signaux d’alerte à repérer avant de signer un devis
- Les questions à poser pour vérifier la propriété de votre futur site
- Les réflexes à avoir face à un démarchage agressif
- Format PDF imprimable, à garder sous la main pendant vos rendez-vous prestataires


